Une Bombe à retardement pourrait exploser au Kivu

Pendant que je rédige cet article, un ami veut savoir qui a caché la bombe ?  Où est cachée cette bombe ? Quand va t-elle exploser ? Faudra t-il recourir au spécialiste Général Katsuva pour arrêter l’explosion ? Je lui dis que la bombe à laquelle je fais allusion n’est pas cachée dans le parc national de Virunga, ni dans le camp de réfugiés à Mugunga mais dans les cœurs des innocents de divers théâtres d’affrontements à l’est de la République Démocratique du Congo.

L’est de la République Démocratique du Congo est devenu un champ de bataille depuis les années 96, lors de l’entrée triomphale de l’AFDL, une coalition qui a chassé Mobutu du pouvoir par la force. Malheureusement, les libérateurs s’embrouillèrent et plongèrent le pays dans une autre guerre, dite de libération, jusqu’à l’assassinat de Laurent Désiré Kabila. Ces deux guerres successives ont fait disparaître plus de 350.000 Congolais. C’est la guerre la plus meurtrière depuis la deuxième guerre mondiale dans ce pays.

Les Eglises du Christ au Congo ont joué son rôle prophétique pour que la transition aboutisse aux élections démocratiques. La population congolaise croyait que les élections signifient la fin de la guerre. Malheureusement, les élections n’ont pas résolu le problème de l’est du Pays. Après les élections, c’est comme avant les élections. La population est toujours victime des pillages systématiques et des viols de tout genre. Les maladies, en particulier le sida, se multiplient rapidement. Les pédophiles, mal informés, croient qu’en violant un bébé, c’est la guérison contre le virus du sida.

La porte d’entrée de toutes les rébellions, c’est toujours le Kivu. Aujourd’hui la population du Kivu est fatiguée, elle se demande d’où viendra le secours. De chez Joseph Kabila Kabange ? De chez Nicolas Sarkozy ? Georges W. Bush ? Hussan Ben Laden ? La Chine ? Faut-il fabriquer les bombes nucléaires avec nos propres ressources minières ?
Cette fatigue se traduit par la colère qui pèse dans leurs cœurs. Les victimes de violence que j’ai jointes au téléphone, la semaine dernière, voulaient marcher dans les rues avec les machettes, les bâtons, les pierres pour tenter de se libérer comme le Sud Africain de l’Apartheid. Cette révolte des civils, qu’ils considèrent comme une guerre sainte, serait plus grave que l’explosion d’une bombe que j’appelle nucléaire. Elle pourrait entraîner un génocide.

L’archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, veut aussi savoir qui bénéficie de cette guerre. Le peuple Congolais a besoin pour vivre, d’une libre expression et circulation. ‘’Les tueurs, la majorité comme la minorité, sont tous créés à l’image de Dieu et sont tous passagers sur cette terre » a déclaré un Pasteur Protestant au cours d’une prière œcuménique dans la paroisse reformé de Plaisance. Il a poursuivi que Le Seigneur a placé les richesses naturelles, et particulièrement la forêt équatoriale, essentielle à l’équilibre climatique de notre planète, pour que nous puissions le dominer. Il nous a associé à son œuvre créatrice », a-t-il conclu.

Témoignage de quelques victimes.
Le Pasteur Kahotole raconte la disparition sa mère, sa soeur, sa Nièce et son Cousin, tous tués la même nuit à Buramba, dans le territoire de Rutshuru. Selon lui, lors de l’enterrement, pendant que le monde pleurait, il consommait ses larmes. Actuellement cet homme de Dieu est en train de prier pour le salut de ces malfaiteurs, a-t-il confirmé.

Selon Madame Kaswera, elle a été violée par cinq militaires quand elle était au champ. Un chasseur accompagné de son chien l’a trouvé dans le coma dans la brousse de Oïcha en territoire de Beni. Le chasseur avait appelé les passants pour transporter cette victime à l’hôpital. Kaswera raconte que quand son époux a su que sa femme a été violée, il l’a abandonné, soit disant qu’il ne peut pas supporter une femme qui a été violée. Quand elle a quitté l’hôpital, son époux lui a dit d’aller se faire pendre et qu’il ne veut plus d’elle. La femme est partie au village dans sa famille. Deux enfants sont partis avec elle, un est resté avec leur père, et trois autres les plus âgés se sont dispersés dans la nature. Actuellement Kaswera remercie le Seigneur car elle s’est jointe à une association d’autres femmes violées et ensemble elles se consolent. Sa prière est que le Seigneur lui donne la force de pardonner ces inciviques.

Mr Moseka de Luofu en territoire de Lubero, raconte que sa femme a été violée en présence de leurs enfants et de lui-même. Les guerriers mai-mai lui ont demandé d’ouvrir grandement les yeux et d’assister à la scène de violence.  »C’est vraiment un choc, ce film est resté dans ma mémoire, mais je leur ai pardonné et je ne pas chassé mon épouse‘’ confirme Mr Moseka.

Mr Ndoghole de Walikale, raconte que sa maison avait été brûlée par les anciens soldats de Mobutu. Il est allé chercher du travail à Goma comme sentinelle d’une école. Lui et sa femme dormaient dans une salle de classe. Son salaire mensuel de 20 dollars ne pouvait pas l’aider à se procurer une parcelle. Le préfet ayant eu pitié de ce couple, avait construit pour eux une maisonnette derrière la concession de l’école. Deux ans plus tard le volcan Nyiragongo a vomi ses laves sur une grande partie de la ville de Goma y compris la concession de l’école. Le couple Ndoghole est rentré à Walikale. En arrivant il a lui-même été violé par deux militaires armés jusqu’aux dents. Mr Ndoghole qui vient de se convertir, témoigne avoir pardonné à ces rebelles, sa prière et que le Seigneur les visite.

Une autre information nous a été livrée par Mr Pipo de la tribu Hema en Ituri. Selon lui, les milices ont tué ses parents, son épouse et ses enfants. Puis, il est allé à la ferme avec son petit frère garder les vaches. Quelques mois après, les miliciens sont venus volés les vaches. Il a fui car il risquait de mourir avec son petit frère. Mr Pipo raconte qu’il est resté malheureux, d’abord comme orphelin. Ensuite, sans moyens financiers, il a souffert psychologiquement ; il sentait son cœur prêt à exploser comme une bombe. Les conditions de vie difficiles l’ ont poussé à se venger des milices de la tribu Lendu : ‘‘Je me suis fait recruter dans l’armé et j’ai appris comment manier l’arme pendant deux semaines, puis je suis revenu dans la cité bien armé jusqu’aux dents. J’ai tué, j’ai pillé, j’ai violé. J’agissais comme un animal car je vengeais ma famille et nos vaches, malgré l’arme sur ma poitrine, je ne sommeillais pas, je n’évait pas la paix du cœur ». Mr Pipo témoigne qu’un jour la parole de Dieu a pénétré son cœur. Ainsi, il a décidé de suivre le Seigneur et de demander pardon à tous à qui il a fait du mal. Il a ensuite pardonné à tous ceux qui lui en avait fait. Aujourd’hui Mr Pipo est devenu chantre dans une église baptiste de Bunia, et son petit frère étudiant à la faculté de théologie de l’Université Libre de Pays de grands Lacs à Goma.

Malgré les négociations en cours, la guerre continue. La population souffre mais continue à espérer à un avenir meilleur.  Chaque fois que Jésus était maltraité, il priait pour les malfaiteurs car, il est venu pour que les injustes soient sauvés.

décembre 23, 2007 at 2:13 Laisser un commentaire

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